
Contrairement aux idées reçues, le voyage ne commence pas le jour où nous partons. il commence bien avant. Le jour où l’idée du voyage a germé. Le jour où l’on se dit : et si je partais ?
J’ai toujours eue soif de voyages, et envie d’ailleurs, depuis aussi loin que je me souvienne.
Une fois mon Bac en poche, pas tout à fait dix-huit ans encore, je souhaitais déjà partir vivre un moment à l’étranger, prendre une année de respiration avant de commencer les études. J’étais jeune et pleine de rêves, mais sans projet précis, ni majorité, le refus parental était alors évident. J’ai donc poursuivis mon cursus à l’université, en m’accrochant à l’espoir de pouvoir partir une fois ma Licence terminée. Or, à ce moment là, j’ai eu l’opportunité de faire un service civique dans une structure que j’affectionne. Le projet était donc encore repoussé. Un an plus tard, une fois arrivée au terme ma mission, j’ai enfin pu y songer de nouveau. C’est alors que l’idée de faire une année en PVT au Canada a fait son chemin. J’y croyais dur comme fer. J’ai même commencé les démarches, mais ce n’était visiblement pas encore le bon moment pour moi. Je jetais alors l’éponge, me disant que ca viendra peut-être se faire un jour, quand ce sera le bon moment.
Pourquoi je vous raconte tout cela ? Attendez un peu la suite, vous allez comprendre.

Fin 2018, après une année passionnante à travailler dans une structure éducative, mon contrat se termine, et je me retrouve de nouveau au chômage. Pour la première fois, j’aborde cette période positivement, et me mets en quête d’un nouveau projet. Je trouve quelques vacations pour surveiller des examens dans une faculté, et cherche en même temps à organiser une reprise de formation professionnelle. Bref. Je n’étais vraiment pas dans l’idée de partir, à cette époque. Ce sont alors les fêtes de fin d’année, et entre deux repas bien copieux et bien entourés, l’appel du large se fait de nouveau ressentir.
A ce moment là, sans réfléchir, ne serait-ce un instant, je décide de me réinscrire pour la demande de visa. Toutefois, je n’y crois absolument pas. Le Canada est le seul pays où tu dois attendre pour être tiré au sort, afin de présenter ta demande de PVT. Simplement parce qu’il y a beaucoup plus de demandeurs que de places. Je me convainc donc que ça ne marchera pas, et que je ne serai jamais tirée au sort, mais qui ne tente rien n’a rien. Les fêtes passent, nous fêtons la nouvelles année, et la vie reprends, le travail avec. Nous sommes déjà la deuxième semaine de janvier. Les rondes d’invitations, comme nous disons dans le jargon pvtiste commencent. Je n’y prête pas particulièrement attention. J’oublie presque tout ca d’ailleurs, au milieu de mon emploi du temps alors bien rempli.
Puis vient la surprise.
Le mercredi 9 janvier au matin, je me rend à la faculté, où j’effectue toujours quelques vacations comme surveillante. Les examens battent leur plein, les étudiants sont concentrés sur leur sujet. Dans un moment de répis/ dépis (??), je jette un oeil sur mon téléphone. Je vois quelques notifications de mails. Les habituelles newsletters qu’on ne regarde jamais, et jette aussitôt. Mais parmis elle, un intitulé qui me saute aux yeux. Un courriel des services de l’immigration du canada. On m’invite à vérifier mon compte, car ma demande a été mise à jour. J’essaie donc ni une ni deux, de me connecter. (Discrètement, hein, je surveille toujours un amphi en plein exam !).
Et là, je comprend que ma vie vient de basculer. J’ai été tirée au sort ! J’AI REÇUE L’INVITATION POUR POUVOIR DEMANDER UN PVT !! Moi ?! A qui ce genre de chose n’arrive jamais ?!
J’explose de joie intérieurement. Hélas, je suis obligée de me contenir encore un moment, les étudiants n’ayant toujours pas fini. Mille scénarios se dessinent alors dans ma tête. C’est le tourbillon. Que dis-je, le tsunami ! Mais par dessus tout, je n’ose pas y croire.
Le moment venu, je rentre chez moi à la hâte, et m’empresse de me connecter de nouveau pour vérifier. Pour être sûre de ce que j’ai vu plus tôt. L’invitation est toujours là, bien présente, et bien réelle. Je me pince pour m’assurer que je suis pas en train de rêver. Je reste submergée par la surprise. Ce moment, dont je rêve depuis des années, est-il vraiment réel ? Ce projet dont je n’osais même plus songer, et dont je n’espérais plus rien, serait-il vraiment sur le point de se concrétiser ?
J’essaie alors tant bien que mal de reprendre mes esprits. Et je me rend compte que je ne m’étais même pas renseignée un minimum sur la suite des opérations. La procédure à suivre, et tout le tralala. Je m’exécute donc, en quête des fameuses informations nécessaires pour comprendre comment les démarches allaient se passer. Et voir si l’idée était réalisable.

Bien que toujours emportée dans cette vague, il fallait prendre une décision. Accepter, ou non, ce cadeau que la vie met sur ton chemin. À mon grand étonnement, encore, le doute n’a pas fait long feu. Le choix était évident pour moi. La réponse, viscérale, a fusé. C’était maintenant ou jamais. Tape là, me voilà engagée dans l’une des plus grandes aventure de ma vie. Je ne sais encore rien de ce qu’elle me réserve, mais j’ai une confiance absolue.
Les jours qui suivent, je me remis peu à peu de cette grande nouvelle. Il m’a fallu un bon moment pour comprendre ce que je m’apprêtais à vivre. Et encore plus pour réaliser. J’ai mis bien deux semaines à me faire à l’idée. A pouvoir envisager le fait que oui, j’allais enfin pouvoir réaliser ce rêve. Que j’allais bien pouvoir vivre cette aventure les yeux grands ouverts. Je réalisais également que j’allais devoir tout laisser ici, dans ma ville natale, où j’ai tous mes repères, pour sortir de ma zone de confort, et vivre quelque chose de nouveau. Il m’a bien fallu ces deux semaines aussi pour accepter cette nouvelle, et commencer à entrevoir concrètement les préparatifs et les étapes du projet. D’ici un an, je partais vers l’inconnu afin de prendre un nouveau départ.
Il m’a également fallu ce temps avant de commencer à l’annoncer autour de moi. J’en ai informé certains de mes proches aussitôt, mais il m’a fallu ce délai avant de pouvoir véritablement l’officialiser.
Enfin, l’une des première choses qu’il fallait faire pour mener à bien tout cela, était de retrouver un travail à plein temps. Après quelques mois de chômage, il me fallait gagner mieux ma vie, et surtout, de quoi économiser en vue du départ. Deadline fixée : je me donne un an pour tout cela. Ce qui me permettra aussi de tout préparer dans cette optique. Ce n’est pas la meilleure période de l’année pour arriver là-bas, mais qu’importe, je m’adapterais aussi bien.

Un avis sur « Là où tout a commencé »