Journal de confinement : après le rêve, la réalité.

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Parc Nature de l’île de la Visitation, unique ballade en plein confinement

Ici au Québec, le confinement n’a pas été aussi fermement instauré qu’en France. Pour autant, tout a fermé, comme ailleurs, et la vie est à l’arrêt. Les gens restent chez eux, en attendant de pouvoir reprendre une nouvelle vie.

Je ne fais bien sûr pas exception. Comme beaucoup, cette crise ne m’a pas épargnée. Surtout quand tu viens de t’installer dans un nouveau pays il y a peu. Et qu’aux yeux du système, tu n’est pas encore tout à fait ici, mais plus en France pour autant. Tout ce que tu viens de reconstruire peut sembler fragile. D’autant plus lorsque le job que tu viens juste de trouver, (et où tu as seulement eue le temps de prendre quelques marques), ferme ses portes et te met à l’arrêt forcé.

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Dans ma rue, les arbres ont même le droit a leur tricot de circonstance

Alors oui, c’est sûr que je ne m’attendais pas à ça comme débuts ici. Je n’avais pas d’attentes très précises, mais jamais je n’aurais imaginée vivre cette situation, aussi exceptionnelle soit-elle. Je suis arrivée pleine d’envies, de projets, d’assurance même. Deux mois plus tard, mon esprit était radicalement différent. Surtout avec l’incertitude et la peur ambiante du moment. Entre les médias, les réseaux sociaux, et même la famille, j’aurais pu dérailler vite fait, et rentrer comme si de rien n’était; ou presque. Sauf que je ne l’entendais pas comme cela. Tout avait beau être remis en question, y compris le fait de rester ici, je n’ai jamais pu envisager un quelconque retour, même dans ce contexte. Ça aurait signifié abandonner trop rapidement et faire face à un échec. (Hum… si quelqu’un veut vivre ça un jour, qu’il me fasse signe !) Je ne savais certes pas comment j’allais vivre cette situation, mais je restais convaincue que c’était ici que je devais être. Je savais seulement que je voulais trouver un moyen de me rendre utile. M’impliquer quelque part, donner de ma personne, là où il y avait besoin. C’était ma manière à moi de me sentir solidaire en quelque sorte. Et là, le moins qu’on dire, c’est que je ne m’attendais vraiment pas à la tournure que prendraient ensuite les événements. Signe encore, que j’étais bien au bon endroit au bon moment.

Dix jours après la fermeture du restaurant où je travaillais, on me propose une opportunité dans un centre d’appels. Un peu dubitative de prime abord (j’avais sans doute pas mal d’à priori), je tente et accepte la proposition. Je ne serais pas raisonnable si je refusais, mais surtout les missions qu’on me propose sont vraiment intéressantes. J’ai la possibilité d’aider les gens touchés financièrement par la situation, je ne pouvais donc pas mieux tomber. Ce que je ne savais pas encore, c’est que cette expérience ne manquera pas de m’étonner. Même encore aujourd’hui. Ma plus grande surprise ayant été de me voir confier de nouvelles missions, 10 jours après mon arrivée.

En montrant un tant soit peu de bon sens, d’adaptation, et d’investissement, on ne manquera pas de valoriser et reconnaître ton travail.

Une chose est sûre en tout cas, je suis extrêmement chanceuse d’être arrivée ici. Trouver ainsi un job pendant cette période n’est pas négligeable, d’autant plus dans ma situation. En m’étant installé récemment au Québec, ce n’est pas comme si je pouvais compter sur les aides, même nombreuses.  Et il faut bien dire que je n’avais pas spécialement envie de retomber dans ce système, non plus. Je profite donc de cette opportunité, et en suis très reconnaissante.

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Partout à Montréal les Arcs-en-ciel fleurissent aux fenêtres, avec le leitmotiv « ça va bien aller »

Alors oui, ca a bouleversé mes plans. –  Dans la situation, pour qui ce n’est pas le cas ? – Mais ca m’a obligé dans le même temps à m’adapter, et à revoir mes véritables envies pour la suite de mon aventure. Ca m’a ouvert les yeux sur le fait que je ne souhaite pas forcément et uniquement partir dans le schéma métro – boulot – dodo. A la base je ne suis pas venu que pour cela : je veux aussi envisager d’autres expériences. Le moteur de mon aventure reste bien la découverte, et l’envie de vivre de nouvelles choses; pas de me fondre à nouveau dans le système.

Ma vie sur Montréal semble donc bien se dessiner de manière temporaire. Je n’ai pas encore d’idée précise pour la suite, je suis suspendue un peu comme chacun à attendre la reprise. Certaines choses semblent néanmoins se dessiner. Avec une certitude, c’est que “l’après” fera bel et bien partie de mon aventure.

Cette pandémie aura eu le mérite de renforcer mes convictions et mes aspirations. Je ressens de plus en plus le besoin pour moi, mais aussi le reste du monde, de vivre autre chose qu’une vie dite classique. De sortir autant que possible de ce système qu’on nous impose, en quelque sorte. De construire ma vie autrement, selon mes propres choix. Vivre en accord avec moi-même, et la nature; prendre de nouvelles habitudes, plus durables. Mes prochains périples ici seront donc clairement tournés dans ce sens. Je souhaitais déjà cela dès le début du projet; aujourd’hui j’en suis persuadée.

Et toi, comment as-tu vécu ce confinement ? As tu pris conscience de certaines choses ? Cela t’as t-il conforté dans certains choix ?

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L’occasion  de découvrir un peu plus son quartier…

 

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